Doctorat canonique, spécialité théologie catholique

Vendredi 28 septembre 2018
Horaires: 
9h30
Lieu: 
UCO, Amphi St Anselme, Faculté de théologie
Soutenance

M. l'abbé Philippe SEYS soutiendra ses travaux de recherche intitulés : Le "Signe de Jonas" dans Mt 12,39 et 16,4. L'éveil de l'herméneutique du disciple.

Plus que la question de ce que voulait dire originellement l'expression « signe de Jonas » (Mt 12, 38 ; 16, 4), il s'agit d'examiner le fonctionnement de cette référence au prophète Jonas dans l'évangile selon saint Matthieu. Le livre attaché au prophète est original dans les écrits bibliques, tant par les événements qu'il raconte que par sa finale indéterminée. Il en résulte qu'une référence au prophète est énigmatique par le fait-même : à quelle partie de la tradition sur Jonas fait-on référence quand on le mentionne ? Refusant l'hypothèse selon laquelle cette expression serait déjà forgée avant son usage dans la tradition évangélique, nous sommes obligés d'examiner son emploi dans les écrits qui l'attestent. Nous avons consacré notre recherche au texte matthéen, où nous montrons que le « signe de Jonas » est surtout un détour manifestant la volonté du Jésus matthéen de laisser une porte ouverte à la communication avec ses adversaires. À ceux qui s'approchent de lui, au contraire, il se manifeste comme celui qui est « plus » que Jonas et Salomon. Être proche de lui permet l'accès à une herméneutique propre au disciple : celui qui croit discerne et reconnaît les signes, quand celui qui veut des signes pour croire ne peut même pas les recevoir. Notre analyse s'étend aussi à l'acte de lecture des destinataires de l'évangile, pour lesquels le texte matthéen est censé provoquer un « ici et maintenant » semblable à la rencontre des contemporains avec Jésus.

Mots-clés en français

« signe de Jonas », « intertextualité », « Mt 12,39 », « Mt 16,4 », « signes dans le Nouveau Testament », « émulation », « herméneutique chrétienne »

Composition du jury :

Madame Odile Flichy, Centre Sèvres (Présidente)
Monsieur Christophe Pichon, UCO (directeur de thèse)
Monsieur Pierre Keith, Université de Strasbourg (1er rapporteur)
Madame Sophie Ramond, Institut catholique de Paris (2ème rapporteur)