Accès direct au contenu

Colloque ATEM 2017
Slider colloque IAIE 2017
Arrow Prev Arrow Next

Rester dans le vent

le 15 avril 2014

Tout en retraçant l’histoire sociale de la planche à voile, cet ouvrage traite des conflits entre les promoteurs de ce sport à propos des rythmes de renouvellement de l’offre d’équipements et de la légitimité conditionnelle, du point de vue de la demande, de ces temporalités d’innovation.
Principalement membres de la bourgeoisie nouvelle, les véliplanchistes n’actualisent effectivement pas tous leurs pratiques et leurs matériels à la même vitesse que les fabricants et navigateurs de l’élite professionnelle. Les pratiquants ayant tardé à renouveler leurs équipements s’exposent à être reléguésau statut d’amateurs peu éclairés et à être dépassés sur l’eau par des adversaires mieux armés. Ceux qui restent au contraire dans le rythme de transformation de l’offre de matériels et de modalités de navigations ont ainsi le pouvoir de mettre en défaut culturel les plus en retard en la matière. Car ne pas suivre ce tempo condamne à la relégation : c’est ce que subissent les adeptes de la planche à voile disqualifiée d’arrière-garde par ceux qui, parmi eux, sont passés au kitesurf. Pour rester compétitif et « dans le vent », il ne suffit pas pour autant d’acheter les derniers nés des produits : il faut surtout aux pratiquants de ces sports concéder du temps pour actualiser sans cesse leurs savoirs et prétendre maîtriser la culture légitime en ce domaine.
Construite autour de la problématique de la discordance temporelle entre l’offre et la demande, l’analyse proposée par ce livre ne se restreint pas à celle d’un sport : elle permet de comprendre comment, dans les classes dominantes, les produits culturels sont érigés en « mode » et comment ils deviennent désuets.

Sébileau A., Rester dans le vent. Sociologie des véliplanchistes et de leurs temporalités. PUR, avril 2014.


Ouvrages (chercheur) Arnaud Sébileau