Coup d'éclat du bref

affiche
5 et 6 décembre
10h00-17h00
Amphi St Anselme

Coup d'éclat du bref

Cette manifestation s’inscrit dans le cycle interdisciplinaire organisé à l’UA autour de la notion de « forme brève » depuis 2015 (laboratoire CIRPaLL), et dans la continuité de la réflexion menée au sein de l’équipe LÉMIC à l’UCO sur « Ruptures » depuis 2017.

Nous souhaiterions ici envisager dans sa dimension percutante et performative la forme brève, qui peut contribuer à faire bouger l’histoire par sa forte valeur politique et plus généralement idéologique, et qui dans certains cas en vient même à synthétiser, à symboliser une action ou un moment historiques. C’est ainsi à une forme d’efficacité historique et politique de la forme brève (slogan, tract, pamphlet, voire forme littéraire brève engagée, comme la poésie ou la nouvelle…) qu’on s’intéressera.

On peut penser plus précisément aux formes brèves dans la littérature militante, résistante, de combat  (« Liberté, j’écris ton nom » d’Eluard, « L’Affiche rouge », « La Rose et le Réséda » d’Aragon, la poésie de Pablo Neruda, « Le silence de la mer » de Vercors…), à la puissance de l’effet des chroniques, éditos, gros titres, Unes dans la presse (du « J’accuse » de Zola en tête du Journal L’Aurore aux caricatures de Mahomet à la Une de Charlie Hebdo), des photographies de reportage (Kim Phuc par Nick Ut, 8 juin 1972 ; L’Homme de Tien An Men par Jeff Widener, 1989), des slogans (« Ni Dieu ni maître ! », « Prolétaires, de tous les pays, unissez-vous ! » « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand », « Sous les pavés, la plage », « Elections, piège à cons ! », « Hasta la victoria, siempre », « Soyons réalistes, demandons l’impossible », « le socialisme, une idée qui fait son chemin », « Yes, we can », « America first »…), de la chanson (« Sunday, bloody Sunday », U2, 1983 ; « We shall overcome », Pete Seeger, 1963 ; « 99 Luftballons », Nena, 1983) ; « Aux armes et caetera », Gainsbourg, 1979 ; « Free Nelson Mandela », The Special AKA, 1984 ; « El Général », Rais le Bled, 2010…), des objets et gestes symboliques (la rose des socialistes, les mains serrées de Kohl et Mitterrand à Verdun en 1984, le poing levé des champions olympiques de 1968…), etc.

On pourrait même s’intéresser à l’usage par nos politiques de formules et « petites phrases » plus ou moins stratégiquement distillées et qui sont entrées dans un imaginaire collectif (« Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré… », « Français, je vous ai compris », « Ich bin ein Berliner », « casse-toi, pauvre con », « Taisez-vous El Kabbach ! », « vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre », « un pognon de dingue »…)

Autant de formes qui soulignent la force historique, idéologique et politique du bref, et qui gagnent à être approchées en croisant les angles disciplinaires. Il est évident que le sujet ne pourra qu’être effleuré en deux journées, et l’on peut envisager des prolongements de la réflexion en 2020.

Le format du colloque associera des communications suivies de discussions, et un débat/table ronde. Une publication des communications sera prévue à l’issue de l’ensemble des manifestations organisées en 2019-2020.

Organisatrices : Cécile Meynard (PU, Université d’Angers), Annie Birks (MCF, Université catholique de l’Ouest)
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