L’Éducation des corps en temps de crises : traditions ? innovations ? (Années 1936-1948)

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26-27 Janvier 2023
IFEPSA
Equipe(s): 

L’Éducation des corps en temps de crises : traditions ? innovations ? (Années 1936-1948)

Les Années 1936-1948 constituent l’épicentre d’une multitude de crises tant géopolitiques que sanitaires, économiques ou encore sociales. Dans ce contexte où les repères sont bousculés, les normes et les valeurs questionnées, la question de l’éducation se pose avec acuité.

Définie comme une « action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale », l’éducation a en effet pour objectif « de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et moraux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu spécial auquel il est particulièrement destiné [1] ».

Qu’en est-il dès lors qu’une société connaît de brusques transformations et qu’elle se retrouve gouverner par des régimes politiques très différents ? Constatant l’hétérogénéité des modèles mis en place depuis l’antiquité, Joseph Leif et Georges Rustin dégagent deux grands types de projets éducatifs : « […] ou bien, posant d’abord les exigences de la société, on se propose d’agir sur l’individu afin qu’il devienne un membre, le meilleur possible, du corps social ; ou bien, postulant d’abord un idéal de l’homme en soi, l’éducateur s’efforce d’en rapprocher l’enfant le plus possible : la pédagogie est, sous ses formes extrêmes, sociale ou humaniste [2] ».

Si en tout état de cause, l’éducation demeure toujours « l’ensemble des processus et procédés qui permettent à tout enfant humain d’accéder progressivement à la culture [3] », cette tension entre le développement des potentialités et ressources de l’individu et sa nécessaire intégration dans le monde social se retrouvent toujours dans les institutions éducatives – famille – école – mouvements de jeunesse – associations. Elle se manifeste logiquement dans l’éducation des corps, comme les travaux maintenant anciens de Jacques Ulmann [4] ou de Georges Vigarello [5] l’ont clairement mis en exergue, et comme ceux, plus récents de Cécile Ottogalli-Mazzacavallo et Philippe Liotard [6] ou encore de Michaël Attali [7] l’ont précisé.

Les défis sanitaires, politiques et moraux qui percutent la société française des années 1936-1948 transpirent-ils dans les modèles d’éducation corporelle proposés aux jeunes Français ? Cette journée d’études ambitionne de saisir les capacités d’adaptation ou au contraire les degrés d’inertie des différentes institutions en charge de cette mission.

 

[1] Emile Durkheim, Education et sociologie, Paris, F. Alcan, 1922, p. 49.
[2] Joseph Leif et Georges Rustin, Philosophie de l’éducation. Tome 1. Pédagogie générale, Paris, Delagrave, 1989, p. 129.
[3]Olivier Reboul, Philosophie de l’éducation, Paris, Puf, 1998, p. 27.
[4]Jacques Ulmann, De la gymnastique aux sports modernes. Histoire des doctrines de l’éducation physique, Paris, Vrin, 1965.
[5] Georges Vigarello, Le corps redressé, Paris, Jean-Pierre Delage, 1978.
[6] Cécile Ottogalli-Mazzacavalo et Philippe Liotard (dir.), L’éducation du corps à l’école. Mouvements, normes et pédagogies 1881-2011, Clapiers, AFRAPS, 2012.
[7] Michaël Attali (dir.), Les éducations par le sport, Paris, Canopé, 2016.

 

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