Xavier Méra

Titres, fonctions et responsabilités: 
  • Maître de conférences en économie internationale
  • Responsable de formation: L3 GIEE

Diplômes:

Doctorat en sciences économiques, Université d'Angers, 2014
L'économie politique des marchés d'instruments dérivés

Domaines de recherche

  • Analyse économique de l'intégration politique

Les débats publics autour de la mondialisation mettent en scène une opposition entre adeptes d’un libre-échange généralisé que les institutions de gouvernance publique supranationale telles que l’OMC, le FMI, etc., doivent promouvoir et partisans hostiles à ces institutions d’un recentrage des économies autour des États-nations. Les uns et les autres s’opposeraient sur les conséquences des libéralisations, notamment sur les niveaux de vie des populations touchées et leurs inégalités, mais s’entendraient au moins sur une chose : la mondialisation économique irait naturellement de pair avec ce qu’on pourrait appeler une mondialisation politique, c’est-à-dire des transferts de souveraineté à des institutions politiques supranationales en charge de mener la première.  

Même si cette grille de lecture est aussi adoptée par de nombreux universitaires, un survol de la littérature suggère d’autres possibilités. D’une part, la mondialisation au XIXème siècle n’a pas donné lieu à l’émergence d’institutions politiques supranationales comparables et a fortiori n’a pas pu être conduite par elles, ceci suggérant a minima que l’association entre les deux n’est pas nécessaire. D’autre part, des études empiriques concluent que la plupart des libéralisations récentes du commerce international ont eu lieu hors des cadres de décision supranationaux. Et même lorsqu’elles sont le fruit de négociations au sein de l’OMC, elles vont souvent de pair avec l’imposition de lois en porte-à-faux avec l’idéal libre-échangiste affiché : des pays en développement doivent adopter en échange de baisses de droits de douane sur leurs exportations la législation des pays développés en matière de propriété intellectuelle, par exemple, ce qui peut être interprété comme une extension territoriale de privilèges de monopole. Enfin, si de nombreux auteurs ont bien attribué la progression spectaculaire des niveaux de vie, commencée en Europe à la révolution industrielle, à un cadre institutionnel favorisant la liberté du commerce sur ce continent, c’est précisément le caractère extrêmement fractionné du pouvoir politique qu’ils ont identifié comme décisif à cet égard (cf. Jean Baechler, « Les origines du capitalisme »). C’est la quasi « anarchie » féodale de l’Europe médiévale qui, facilitant la fuite des sujets d’une juridiction vers une autre -on parlerait aujourd’hui de « concurrence fiscale »-, aurait forcé les souverains à une certaine modération dans leurs velléités naturelles à s’emparer de leur production et à réglementer leur commerce, jetant ainsi les bases des développements subséquents. 

De telles analyses suggèrent une réinterprétation de l’histoire récente et des enjeux actuels. Le volet politique de la mondialisation aurait plus avoir avec un processus de consolidation du pouvoir étatique par sa centralisation qu’à un processus de libéralisation authentique impliquant une dissolution progressive dudit pouvoir. A terme donc, la mondialisation politique irait de pair avec un interventionnisme de l’État accru dans l’économie, freinant son développement, quand le rejet « nationaliste » des institutions politiques supranationales aurait l’effet inverse. Quoi qu’il en soit, ce sont les liens entre transferts de souveraineté entre échelons national et supranational du pouvoir politique d’une part, et transferts de gouvernance entre privé et public d’autre part, qu'il s'agit explorer, ainsi que les conséquences de tels transferts sur les niveaux de vie et la résilience des économies. 

 

Autres thématiques de recherches:

  • Fondamentaux de la théorie économique
  • Monopoles et concurrence
  • Marchés dérivés et risques
Mots-clés: 
Intégration économique
Intégration politique
Centralisation
Décentralisation
Décisions publiques
Institutions internationales
Monopole
Concurrence
Marchés dérivés

Activités d'enseignements

2020/21:

  • Introduction to Logic (as part of the Philosophy class - L2 GIEE)
  • International Economics (L3 GIEE)
  • International Environment of Business (L3 GIEE)
  • Principles of Macroeconomics (L2 GIEE)

2019/20:

  • Business Economics (MBA1)
  • International Economics (L3 GIEE)
  • Economie européenne (L3 EGEE)
  • International Environment of Business (L3 GIEE)
  • Principles of Macroeconomics (L2 GIEE)