Zaloum Nadia

Suivi de doctorat

Zaloum Nadia

Titre de thèse: 
Place du trait d'esprit dans l'oeuvre de Freud et Lacan. Son fonctionnement, sa finalité. Trait d'esprit et interprétation psychanalytique
Projet de thèse: 

1900 – 1914 correspond à la première période de Freud concernant les formations de l’inconscient articulées aux pulsions et au refoulement.

Le rêve, comme objet d’interprétation, conduit à « la voie royale » d’accès à l’inconscient. Cet ouvrage fut suivi de Psychopathologie de la vie quotidienne (1900) et en 1905 de son célèbre écrit Le mot d’esprit dans sa relation avec l’inconscient. Ainsi s’ordonne un travail majeur de la grammaire de l’inconscient.

En considérant le rêve comme une formation inconsciente emblématique et en présentant les similitudes et les disparités entre les actes manqués, les oublis, les lapsus et avec le mot d’esprit, Freud établit une définition nouvelle du symptôme, non plus comme fait psychopathologique mais comme formation inconsciente ouvrant la voie à un élément intermédiaire, le fantasme. Le trait d’esprit outrepasse ce qui fait limitation aux autres formations de l’inconscient, rêve ou lapsus qui sont réservés à une utilisation privée entraînant les associations.

Nous suivrons la démarche de Freud qui a établi un ouvrage méthodique et structuré sur un objet qui tourne en dérision permanente le discours, mettant en exergue un doute à savoir si le Witz mérite de faire l’objet d’une étude scientifique. Cette épigraphe constitue un stratagème secret non dénué d’humour et de panache.

Pour Freud, l’essence du Witz ne se repère qu’à travers le processus inconscient qu’il représente et la logique inconsciente dont il témoigne pour identifier « le rôle qu’il mérite dans la vie de l’esprit »

Nous examinerons la manière dont Freud a traqué la matérialité de la forme du trait d’esprit pour en capter ses effets psychiques signifiants. Le Witz est une réalisation sociale sans dénier néanmoins ses racines inconscientes. Il prend son origine dans le jeu naïf de l’enfant qui, avec les obligations sociales de plus en plus croissantes, doit user d’artifices de plus en plus élaborés. Ainsi il se différencie du rêve où les pensées sont retravaillées et travesties.

Lacan avait depuis le début de son enseignement privilégié le fait de langage comme communication adressée à l’Autre et c’est à partir du Séminaire XX, Encore, qu’il entreprend un renversement majeur. Il substitue au concept de parole celui de jouissance. Avec son néologisme lalangue qu’il distingue de la langue et du langage, langue intime qui s’est constituée à partir de l’Autre et qui est l’affaire de chacun plutôt que l’affaire de tous, l’inconscient n’est plus réduit à sa dimension structurale, il est constitué de réel. Cette nouvelle dynamique de la cure prend en compte la dimension de l’inconscient réel. Le réel est ce qui fait trou dans le semblant. Avec la dépréciation du semblant correspond une mise en relief de la lettre permettant de rendre compte du réel, depuis les trébuchements, les néologismes, le contrepet au mot d’esprit. Nous examinerons la dimension sonore de lalangue, que Lacan associe à l’équivoque, au non-sens.

La lettre du rêve, celle du Witz désignée comme « pur signifiant » dans La lettre volée sera abordée du côté du réel.

Comment la lettre du rêve comme celle du Witz parvient -elle à circonscrire et déplacer la jouissance en effectuant une nouvelle distribution des liens de la jouissance et de la langue ?

Théodor Reik a été le premier à mettre en relation le trait d’esprit et l’interprétation analytique Freud mentionne dans une petite note dans son ouvrage Le mot d’esprit qu’il arrive parfois qu’un patient valide la pertinence d’une interprétation par un rire. Dans la Troisième, Lacan insiste sur le lien de l’interprétation avec le matériel sonore. Ce qui s’entend du dire sonore interprétatif de l’analyste doit résonner avec le sonore du dire énonciatif de l’analysant.

Du rêve au Witz nous conclurons avec l’inconscient poète, écriture du son et de la lettre, de son effet de trou dans le sens.

Période de suivi: 
2019 - 2022
Directeur ou co-directeur (UCO): 
Equipe de recherche: 
Doctorat: 
Psychanalyse
Niveau: 
D1

Publications-Travaux

Année de l'intervention: 2019
C-COM-Communications orales sans actes dans un congrès national/international
Zaloum, N., "Demain, la psychanalyse…à l’université, est-ce la bonne solution ?". XVI -ème Journée Doctorale . 30/11, 2019 C-COM-Communications orales sans actes dans un congrès national/international