Duret Isabelle

Suivi de doctorat

Duret Isabelle

Titre de thèse: 
Création et prison
Projet de thèse: 
La création sans cadre précis, sans aucune contrainte, faite dans l’intime de l’enfermement. L’enfermement source de création ? L’espace carcéral enferme les corps, maitrise la matière, le corps brut sur lequel s’appuie la personne détenue ou prévenue pour réagir, s’identifier et inter réagir mais laisse libre l’esprit. Cette liberté autorise une création, une écriture de l’enfermement qui engage le sujet. La prison crée du ‘ prisopathique’, c’est à dire un état, un espace où le sujet ne peut qu’être porté, posé donc absent et laissé à sa propre jouissance qu’il l’a fait tomber. (Henri Maldiney). Dans cet espace totalitaire, il faut faire un pas de côté pour exister, résister et en sortir. Ce pas de côté certains détenus le font par un acte de création, graffitis, tatouages, écrits, penture…L’acte de création en prison sera abordé avec une approche psychanalytique car en ‘irréalisant le crime la psychanalyse ne déshumanise pas le criminel’ (Lacan). Dit autrement : Si la psychanalyse pouvait trouver sa place entre les murs à travers l’acte de création, elle permettrait de penser autrement la pénologie. C’est-à-dire l’acte de création entre 4 murs permet au sujet qui se l’approprie d’être un sujet qui s’engage dans une énonciation. Le processus de création, s’il est au cœur de la démarche artistique peut-être avant tout envisagé comme le moyen de survivre à la perte et au deuil. La prison ne parle pas le langage de l’inconscient. Face au réel de la prison, une nouvelle réalité imaginaire et symbolique peut être créée et façonnée. Comme si la restriction de l’espace, l’arrêt des communications habituelles, l’appauvrissement des échanges et de la parole se traduisaient pour certains détenus par l’enrichissement du lange intérieur par un acte créatif. L’hypothèse de ce travail c’est que c’est ailleurs, pas là où il est supposé advenir dans le bureau du psychologue, que surgit du sujet à l’abri de tout regard c’est-à-dire dans l’intimité de l’enfermement. L’enferment fait surgir autre chose comme un effet de sens à travers les graffitis, les tatouages, les inventions ou les créations littéraires et artistiques. L’acte de création est un acte de résistance contre l’anéantissement de l’enfermement donc un acte contre la mort (Gilles Deleuze). Le détenu crée dans un moment de saisissement, mis hors de lui. Il se retrouve à la place comme le psychanalyste qui se trouve un instant ’saisi’ par l’inconscient de son patient. L’acte de création comme l’objet a de Lacan viendrait faire un lien entre réel et symbolique. Il emmènerait le sujet sur le chemin de l’énonciation et ainsi donnerai un sens à sa peine.
Période de suivi: 
2019 - 2021
Directeur ou co-directeur (UCO): 
Equipe de recherche: 
Doctorat: 
Doctorat de psychologie
Ecole doctorale: 
ED 603-Education, Langages, Interaction, Cognition, Clinique (ELICC)
Niveau: 
D1