Programmes de recherche

Contexte

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie se caractérisant par une limitation progressive et non réversible de la fonction respiratoire. Elle se traduit par une diminution des débits bronchiques, une fatigue précoce des muscles respiratoires ainsi qu’une moindre capacité à fournir au corps de l’oxygène (Al Talag & Wilcox 2008). La BPCO, dont la cause majeure est le tabagisme, est devenue la 3ème cause de mortalité à l’échelle mondiale en 2019 (OMS, 2020). En plus d’une forte mortalité, cette pathologie est associée à une limitation importante de la capacité fonctionnelle des patients (notamment la marche), conduisant à un mode de vie plus sédentaire, participant à aggraver leur maladie et dégrader leur qualité de vie.

Des recommandations, en terme d’activité physique, sont désormais bien définies. Le réentraînement des patients souffrant de cette affection doit se composer d’une combinaison d’activités d’endurance, de renforcement musculaire et d’étirements (ACSM, 2013), permettant d’améliorer la tolérance à l’exercice, de réduire les symptômes respiratoires et d’améliorer la qualité de vie (Floeck et al., 2013). De manière complémentaire, des activités de méditation et de contrôle respiratoire ont aussi démontré des effets bénéfiques pour le patients (Yudhawati & Rasjid, 2019).

La marche afghane (MA) est une activité physique combinant un exercice d’endurance, une synchronisation de la respiration sur le rythme des pas et l’atteinte d’un état méditatif de pleine conscience (Stiegler, 2004). Le principe de base (3:1) consiste en la réalisation d’une phase inspiratoire sur les 3 premiers pas, puis d’un blocage respiratoire à plein poumons sur le 4ème, suivi d’une phase expiratoire sur les 3 pas suivants pour conclure sur un blocage respiratoire à poumons vides durant un dernier pas, avant de redémarrer un cycle. Selon la littérature non scientifique, cette activité aurait de multiples vertus sur la fonction respiratoire, cardiovasculaire, immunologique ou encore le bien-être du patient (Royer et al., 2018). Malgré les bénéfices supposés de cette pratique et sa proposition de plus en plus fréquente dans les centres de prise en charge, à notre connaissance, aucune preuve scientifique n’a permis de supporter objectivement l’intérêt de cette pratique pour la réhabilitation respiratoire, notamment de patients souffrant de BPCO.

A ce jour, il existe un manque de données concernant les caractéristiques de vidange veineuse des membres supérieurs de sujets sains, notamment sur l’incidence de vidanges altérées chez le sujet asymptomatique et leurs relations avec la pratique d’activité physique.

Objectifs

L’objectif principal de ce projet est d’étudier les effets de la pratique de MA dans la prise en charge des pathologies respiratoires. Plus précisément, il sera question de quantifier les effets d’un protocole de réhabilitation respiratoire composé de MA sur la fonction respiratoire, la capacité fonctionnelle ainsi que la qualité de vie de patients atteints de BPCO. L’objectif secondaire est d’étudier l’intérêt de l’activité dans les stratégies de maintien de l’activité physique à domicile, en terme d’adhésion à la pratique et de bénéfices pour la santé.

Méthode

Ce projet comprendra plusieurs étapes. La première consistera à étudier les réponses ventilatoires aiguës observées au cours de la pratique de MA en condition de laboratoire, et ce afin d’étudier la sollicitation respiratoire associée à l’activité (volume et débits ventilatoires mobilisés, consommation d’oxygène, adaptation de la ventilation avec le temps, fatigue observée, etc.). Par la suite, une étude interventionnelle randomisée s’emploiera à quantifier les effets d’un programme de réhabilitation respiratoire, composé de marche afghane, sur l’état de santé de patients atteints de maladies respiratoires (principalement de BPCO). Les marqueurs objectifs étudiés seront l’évolution des paramètres associés à la fonction ventilatoire (paramètres ventilatoire, force des muscles respiratoires), la capacité d’exercice (évaluation fonctionnelles et consommation maximale d’oxygène) ainsi que la qualité de vie des patients.

Perspectives

A terme, la quantification des effets liés à la marche afghane permettra de statuer sur l’intérêt (ou non) de sa pratique chez le patient souffrant de BPCO (concernant 2,6 millions de français ; Compagnon et al., 2021). Cette étude permettra de justifier ou non l’ajout de cette activité à l’éventail des prises en charge non médicamenteuses du patient.

En outre, en cas d’intérêt avéré, cette pratique pourrait être proposée au long cours chez le patient, et non spécifiquement dans le cadre d’une prise en charge institutionnalisée. En effet, il est possible d’appliquer le principe de marche afghane à tout déplacement, sitôt que celui se réalise à pied. Cela permettrait d’engager durablement le patient dans une activité déjà vécue, simple à mettre en place et à moindre coût, barrières invoquées à la non-poursuite d’une activité physique pérenne hors institution (Robinson et al., 2018).

Enfin, il existe une relation entre la mécanique ventilatoire et la régulation de l’activité cardiaque (arythmie sinusale respiratoire). Il serait intéressant d’explorer l’influence de la MA sur cette relation et son intérêt sur plan cardiovasculaire.

 

Porteur(s) du projet
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Equipes concernées
Durée du programme
01/10/2022 - 30/09/2025