Les sièges durant la guerre de Vendée (1793-1796)

TitreLes sièges durant la guerre de Vendée (1793-1796)
Type de publicationCommunications avec actes
Année de publication2020
Languefrançais
Titre de la Conférence/colloqueVilles assiégées dans l’Europe révolutionnaire et impériale
Mention d'éditionSociété des Etudes robespierristes
Pagination149-163
Auteur(s)Rolland-Boulestreau, A.
Université, organismeParis
Ville, PaysFrance
Résumé

Contrairement à bien des idées reçues, la guerre de Vendée ne se résume pas à une guérilla de bocage. Si les Vendéens ont exploité au mieux les haies, les chemins creux et les villages isolés pour combattre les républicains, entre 1793 et 1796, les villes et les bourgs ont aussi été des cibles privilégiées des Vendéens. Les sièges plus connus sont ceux d’Angers (juin et décembre 1793) et de Nantes (juillet 1793). D’autres communes, comme Cholet, Mortagne, Fontenay, Saint-Florent-le-Vieil, ou encore Les Sables d’Olonne, sont investies. Dans le même temps, dans ce bocage hostile où les républicains ont bien du mal à trouver leurs repères, les bourgades sont une des solutions stratégiques pour fixer et cantonner les troupes « bleues ». Les sources sur la guerre de Vendée attestent le phénomène obsidional : les autorités civiles et militaires utilisent, plus de quarante fois, le terme de « siège ».

Plus qu’une taxinomie de la guerre de siège en Vendée militaire, nous nous proposons d’analyser les sièges comme révélateurs des tensions républicaines, dans la guerre civile, avec une attention plus particulière aux années 1794-1796, moins connues des historiens.

Il s’agira ainsi de souligner à quel point le sentiment patriotique est mis à l’épreuve. Certains réalisent de gros profits grâce à la crise qui s’installe. Il nous faudra montrer comment s’organise la vie quotidienne des assiégés, en somme une « économie » de la guerre.

Une fois le danger écarté, le siège est alors prétexte à des règlements de compte. Instrumentalisé d’un point de vue politique, il est une leçon politique qui pèse sur la conduite de la guerre.

Pour la République, il est enfin un marqueur de l’état de guerre dans l’Ouest. Ainsi, inquiet d’un conflit fratricide qui n’en finit pas, le Directoire exécutif ordonne au général Hoche, en décembre 1795, de proclamer l’état de siège dans « les principales villes de l’Ouest ». Enlisées dans la guerre civile, les autorités républicaines sont soulagées lorsque, le 7 mai 1796, Hoche proclame officiellement la levée des sièges dans tout l’Ouest. Il la lie directement avec la paix : « A des jours de deuil ont succédé des jours de paix » affirme-t-il à cette occasion.