L'interprétation lexicale a posteriori comme source d'étymologies douteuses : l'histoire forcée et faussée de quelques hispano-américanismes

TitreL'interprétation lexicale a posteriori comme source d'étymologies douteuses : l'histoire forcée et faussée de quelques hispano-américanismes
Type de publicationArticle de revue
Année de publication2011
Titre de la revueCahiers du CIRHiLL (Centre Interdisciplinaire de Recherche en Histoire, Langues et Littératures)
Titre de la série/collectionÉtymologie et traduction
Mention d'éditeurL'Harmattan
Numéro34
Pagination223-236
Date de publicationmars 2011
Languefrançais
Auteur(s)Lévêque, D.
Numéro ISSN1269-9942
Numéro ISBN978-2-296-54370-6
Résumé

De la même façon qu'il n'a échappé à aucun critique littéraire que les écrivains indigénistes hispano-américains ont eu tendance – pour nombre d'entre eux du moins – à forcer le trait expressif de leur discours narratif afin de répondre à une sorte d'esthétisme militant, l'étymologiste impartial devra demeurer prudent face aux hésitations formulées autour d'origines lexicales incertaines par des lexicographes autochtones qui, parfois, semblent faire preuve d'un parti pris assez net dans le domaine. Les hésitations étymologiques en question montrent effectivement comment, à partir d'une forme lexicale et de sa valeur sémantique connue, le lexicographe "régionaliste" tente de trouver des étymons plausibles, en fonction notamment du degré d'intérêt personnel qu'il porte pour telle ou telle source formatrice de la langue. Il apparaît ainsi que la valeur sémantique d'un vocable peut susciter des rapprochements morphologiques lexicaux très discutables, et que l'interprétation lexicale a posteriori (ou "traduction lexicale à rebours") peut conduire, pour finir, à des constructions étymologiques plus que douteuses. Cette faiblesse inhérente à la science étymologique ressort plutôt bien de l'histoire quelque peu forcée (et donc faussée) des neuf hispano-américanismes que nous nous proposons de commenter ici de façon critique, à savoir : "ñuñuco", "guaro", "tata", "azacuán", "tabanco", "pichicatería", "chongo", "tiliche" et "butuco".