Intérêts et limites d’une intervention pédagogique pratique sur la mesure de Pression Artérielle Systolique de Cheville (PASC) : évaluation par simulateur

TitreIntérêts et limites d’une intervention pédagogique pratique sur la mesure de Pression Artérielle Systolique de Cheville (PASC) : évaluation par simulateur
Type de publicationCommunications avec actes
Année de publication2016
Titre de la Conférence/colloque9e Congrès commun de la Société Française de Médecine et de l’Exercice Sportif (SFMES) et de la Société Française de Traumatologie du Sport (SFTS)
Auteur(s)Congnard, F., Thierry P., Henny S., Noury-Desvaux B. et Abraham P.
Ville, PaysPau, France
Résumé

INTRODUCTION

Les pathologies artérielles périphériques sont responsables de lésions artérielles, principalement observées au niveau des membres inférieurs, et sont significativement corrélées à un risque accru de mortalité cardiovasculaire (Selvin & Erlinger, 2004). La mesure de l’index de pression systolique de cheville (IPSC) peut être utilisée pour détecter ces lésions, souvent asymptomatiques. Cet indice, largement utilisé, non invasif et peu couteux s’obtient en divisant la pression artérielle systolique mesurée au niveau de l’artère tibiale ou péronière par celle mesurée au niveau brachial. Dans un cadre de formation, il a été montré que l’apprentissage des mesures vasculaires de base était un processus complexe (Bland & Ousey, 2012). Si nombreuses études se sont intéressées aux effets d’interventions éducationnelles pratiques sur la capacité à mesurer la pression artérielle systolique brachiale, peu d’études se sont intéressées à la mesure de la pression artérielle systolique de cheville (PASC). L’objectif de cette étude était d’évaluer objectivement les effets d’une intervention pratique d’une heure sur la capacité à mesurer la pression artérielle systolique au niveau de la cheville.

MATERIEL ET METHODE

Vingt sept étudiants en 2e année de médecine ont été inclus. Le protocole se déroulait en 4 temps. Ces étudiants ont suivi un cours théorique en ligne sur la mesure de PASC. Suite à cet unique apport théorique, chaque étudiant a réalisé deux mesures de PASC sur simulateur [T1]. Une session pratique d’une heure sur sujets sains était ensuite proposée.Dans un délai de 24h suivant cet apport pratique, une nouvelle série de mesure sur simulateur a été réalisée [T2].

L’évaluation objective de la mesure de PASC était réalisée grâce à l’utilisation d’un prototype de jambe instrumentée. Il permettait de reproduire les conditions d’une mesure manuelle de PASC via l’utilisation d’un crayon Doppler couplé à un brassard manuel.

RESULTATS

Le temps de mesure n’était pas significativement réduit après une heure d’apprentissage pratique (T1 : 134±63s vs. T2: 127±46s ; p =0.487). Les valeurs de PASC mesurées/cibles étaient hautement corrélées, aussi bien à T1 qu’à T2 (r T1= 0.75 vs. r T2 = 0.88). Le delta de pression moyen, observé entre les valeurs de PASC mesurées par l’étudiant et les valeurs cibles, était significativement diminué (ΔPT1= 12.7±15.5mmHg vs. ΔPT2= 6.6±6.7mmHg ; p = 0.004). La vitesse de dégonflage du brassard, recommandée entre 2-3 mmHg.s-1, était significativement diminuée (T1= 13.6±9.1 mmHg.s-1 vs. T2= 8.6±4.6 mmHg.s-1 ; p < 0.001).

DISCUSSION

A notre connaissance, c’est la première étude évaluant objectivement les effets d’une intervention pratique sur la capacité à mesurer la PASC. Il apparaît qu’une intervention d’une heure ne suffit pas à faire tendre l’ensemble des paramètres de la mesure de PASC vers les standards établis. On peut supposer qu’une pratique plus importante et régulière permettrait d’améliorer les habiletés de l’étudiant.