Se représenter la traduction : entre technicité et réflexivité

TitreSe représenter la traduction : entre technicité et réflexivité
Type de publicationCommunications sans actes
Année de l'intervention2019
Titre de la Conférence/colloqueJournée d'étude "Les Humanités en représentation"
Dates du congrès, colloque28 juin 2019
Languefrançais
Auteur(s)Favreau, H.
Université, organismeUniversité Catholique de l'Ouest
Ville, PaysAngers, France
Résumé

« Se représenter la traduction : entre technicité et réflexivité » 

Langue et humanité se rejoignent en ce que, à l’échelle d’un individu, c’est le stade linguistique qui confère à l’Homme son humanité. Langues et humanités se rejoignent en ce que, à l’échelle du monde, la pluralité linguistique renvoie à une diversité de représentations du monde (F. Monnanteuil : 2003). Car plus encore que par leur contenu linguistique et littéraire, les humanités, au sens moderne du terme, se définissent par leur finalité propre qui confine à une dimension anthropologique : elles se veulent au service d'une culture générale, d'une démocratisation du savoir, de l'accès à la connaissance du monde et d’autrui (JP Albert : 2010). 

 

Sous cet angle, il sera aisé de comprendre que la traduction facilite le passage d’une représentation du monde à une autre. La traduction s’inscrit-elle pour autant dans les humanités ? Derrière la question faussement provocatrice affleure une réflexion qui prend sa source dans le télescopage entre nos pratiques pédagogiques et une représentation vivace chez nos étudiants selon laquelle la traduction est affaire de mots, et se résout donc "à grands coups de dictionnaire". Si une telle posture renvoie à la dimension purement linguistique et technique de la traduction, ainsi qu’à la recherche d’une discutable efficacité, elle invite nécessairement, sinon à remettre en cause, du moins à questionner certaines de nos pratiques. En d’autres termes, quelle doit être notre ambition : enseigner la traduction ou former des traducteurs ? former à la technicité ou à la réflexivité ? C’est cette réflexion que se propose d’aborder cette communication.