Influence de la maturation biologique sur l’équilibre dynamique de jeunes joueurs de Football

TitreInfluence de la maturation biologique sur l’équilibre dynamique de jeunes joueurs de Football
Type de publicationCommunications sans actes
Année de l'intervention2020
LangueFrançais
Titre de la Conférence/colloque13ème Congrès national commun SFMES/SFTS
Dates du congrès, colloque17-19 Septembre
Auteur(s)Chataigner, N., Mironnet M., de Müllenheim P-Y., Noury-Desvaux B. et Congnard F.
Ville, PaysVichy, France
Résumé

Introduction :

L’équilibre dynamique du jeune pratiquant sportif est une habileté motrice participant à sa performance ainsi qu’à la prévention de blessures, notamment en football (Pau et al., 2016). Cependant, durant la puberté, on observe un allongement asynchrone des différents segments corporels pouvant altérer cet équilibre (Ratel et al., 2018). Ces modifications anatomiques sont constatées autour du pic de croissance (« Peak High Velocity », PHV) du sujet. Ainsi, dans le but de garantir une pratique sécuritaire, il apparait primordial de connaitre le stade pubertaire des joueurs (Ratel et al., 2018). À notre connaissance, il existe peu d’étude objectivant l’influence de l’atteinte du PHV sur l’équilibre dynamique du jeune pratiquant. L’objectif de cette étude est double : évaluer le niveau d’équilibre dynamique de jeunes joueurs de football et étudier l’influence du stade pubertaire sur cet équilibre.

Méthode :

Vingt-sept sujets issus d’un centre de pré-formation de football ont été inclus à cette étude. Sur la base de mesures anthropométriques, leur PHV a été calculé afin de connaitre leur stade pubertaire (en amont du PHV – « pré-PHV » : n=12 ; autour du PHV – « PHV » : n=15). L’équilibre dynamique de chacun des joueurs a été évalué au moyen du Y Balance Test (YBT), renseignant la capacité d’équilibration dynamique dans 3 directions (antérieure, postéro-médiale, postéro-latérale), pour chaque membre inférieur. Les performances associées à chaque direction (en cm) ainsi que 3 scores composites (SC, exprimés en % de la longueur du membre inférieur) étaient alors obtenues (SC pied fort, pied faible et moyen), permettant d’objectiver l’équilibre dynamique. Afin d’étudier la significativité des différences, des t-test pour échantillons non-appariés ont été conduits et le risque d’erreur α (p<0.05) a été corrigé selon la méthode de Holm.

Résultats :

La population présente un SC moyen de 90.22%, sans différence significative entre le SC du pied fort (89.87%) et du pied faible (90.56%) (p=0.256). En revanche, il existe des différences, non significatives, de scores composites entre les sujets pré-PHV et PHV pour le score composite moyen (92.86% vs. 88.10% ; p= 0.032), du pied fort (92.54% vs. 87.74% ; p=0.186) et du pied faible (93.19% vs. 88.47% ; p=0.027). La taille d’effet (g de Hedges) du PHV sur le SC moyen est modérée (g=0.69, IC [-0.11 ;1.49]).

Discussion :

Les scores composites obtenus au YBT semble montrer une tendance à la baisse de l’équilibre dynamique chez les joueurs proches du PHV. L’hypothèse selon laquelle l’allongement asynchrone des segments corporels pourrait altérer l’équilibre dynamique semble objectivée par les résultats au YBT. Aussi, au regard de certaines valeurs seuils (Butler et al. 2013), la diminution de l’équilibre dynamique observée pour les joueurs PHV pourrait conduire à un risque accru de blessure.

Conclusion :

L’équilibre dynamique semble s’altérer à l’approche du PHV. Ce constat, à confirmer sur une cohorte plus étoffée et incluant des sujets post-PHV, rejoint les recommandations déjà établies quant à l’importance du développement des habiletés motrices dans une optique de développement harmonieux et sécuritaire du jeune footballeur (Johnson et al., 2019).

URLhttps://www.congres-sfmes-sfts.com/fr/programme/programme-synoptique