Les sciences vues par la sociologie de la culture : conceptualiser et saisir par l'enquête les rapports aux sciences

TitreLes sciences vues par la sociologie de la culture : conceptualiser et saisir par l'enquête les rapports aux sciences
Type de publicationCommunications sans actes
Année de l'intervention2020
LangueFrançais
Titre de la Conférence/colloqueSéminaire Les Ficelles de la thèse
jour/mois du congrès, colloque26 novembre
Auteur(s)Perronnet, C.
Université, organismeUniversité de Nantes, CENS
Mots-clésappropriations, Culture, genre, rapports sociaux, sciences, thèse, usages sociaux
Résumé

Présentation de l'invitée

Clémence Perronnet est maîtresse de conférences en sciences de l'éducation à l'UCO de Vannes et membre de l'équipe de recherche PESSOA (Pédagogies Socialisation et Apprentissages). Sa thèse, soutenue en 2018 à l'ENS de Lyon, étudie la façon dont se construisent les pratiques et les représentations des sciences des enfants en milieux populaires. L’enjeu est de renouveler l’approche des inégalités persistantes dans l’accès aux filières et carrières scientifiques, dans lesquelles les femmes, les classes populaires et les minorités sont largement sous-représentées. Pour interroger à nouveaux frais les rapports de pouvoir qui sous-tendent l’accès aux sciences, cette recherche les considère non seulement comme un ensemble de connaissances et comme un champ professionnel, mais aussi en tant que culture. L’analyse repose sur une enquête empirique longitudinale par entretiens avec une cinquantaine d’enfants suivis du CM1 à la 5e ainsi qu’avec des parents, enseignant·es et médiateur·rices scientifiques. Elle s’appuie aussi sur l’étude détaillée d’un projet éducatif visant à favoriser l’égalité en sciences (quatre années d’observation en classe) qui a impliqué une partie de l'échantillon, et interroge les effets de ce type de dispositif. La thèse établit que la construction de rapports différenciés aux sciences selon le sexe et l’origine sociale procède des pratiques culturelles scientifiques enfantines. D’une part, plusieurs instances de socialisation culturelle (famille, germains, pairs, école) se combinent pour favoriser ou entraver le développement des loisirs scientifiques des enfants. D’autre part, la culture scientifique que consomment et pratiquent les enfants des classes populaires les amène à construire des représentations des sciences comme étrangères et dénuées de possibilités identificatoires, ce qui décourage filles comme garçons de formuler des aspirations scientifiques.

Présentation du séminaire

Les ficelles de la thèse est un séminaire au cours duquel les doctorant·e·s du CENS invitent un·e jeune docteur·e en sciences sociales à présenter son parcours et ses travaux. Un premier temps, dans la matinée, a lieu entre doctorant·e·s et jeunes docteur·e·s afin d'échanger en petit comité sur les dessous du travail de thèse (terrain, écriture, publication) et l'après-soutenance. Le second temps, de 14 à 16h, est ouvert à tou·te·s et prend la forme d'un séminaire de recherche classique. Il débute par une présentation du «produit ficelé» et de ses principaux résultats. Cette partie se prolonge par des échanges, sur des questions aussi bien théoriques que méthodologiques, entre des chercheurs de générations et de disciplines variées.