"Des grands malheurs, on peut parler en murmurant" : l'esthétique de la réticence dans Histoire d'une vie d'Aharon Appelfeld

Titre"Des grands malheurs, on peut parler en murmurant" : l'esthétique de la réticence dans Histoire d'une vie d'Aharon Appelfeld
Type de publicationChapitre d'ouvrage
Année de publication2014
Titre de l'ouvrageYod
Titre de la série/collection19
Type de documentSous la dir. de
Auteur(s)Prouteau, A.
Directeur(s)Itzhaki, M.
Mots-clésAppelfeld Aharon (1932-), art du silence, Histoire d’une vie, langue maternelle, littérature d’après-guerre, style autobiographique
Résumé

« Je n’ai jamais aimé le pathos et les grands mots », confie l’écrivain dans Histoire d’une vie. En effet, même à travers la traduction française, nous percevons chez Appelfeld une certaine méfiance à l’égard du lyrisme. Refus du grand style, appauvrissement systématique de la rhétorique, suspicion envers les adjectifs, cette esthétique correspond à une éthique, celle qui s’exprime dans un témoignage refusant le spectaculaire et le mélodrame. Parfois tentée par le silence, peut-être s’inscrit-elle aussi dans la perte initiale du langage et le lent retour d’Appelfeld à la parole et à la langue. Pourrait-on, comme Edgar Morin à propos de L’Espèce humaine, qualifier ce texte de « chef-d’œuvre de littérature débarrassé de toute littérature » ? Il emprunterait ainsi à une tradition née au lendemain de la guerre. Cependant, tout en soupçonnant la littérature, Histoire d’une vie ne rejoint-il pas aussi, par sa manière de recourir aux pouvoirs de l’imaginaire au cœur du récit d’inspiration autobiographique, des perspectives absolument contemporaines ?

URLhttp://journals.openedition.org/yod/2165
DOI10.4000/yod.2165