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Soutenance HDR

Une histoire en chantiers… Étude sur les Chantiers de la Jeunesse en Allemagne

Affiche de la soutenance

Une histoire en chantiers… Étude sur les Chantiers de la Jeunesse en Allemagne

Soutenance HDR de Doriane GOMET de l'équipe de recherche APCoSS (Faculté des Sciences).

Le dossier présenté en vue de l'obtention de l'Habilitation à Diriger des Recherches, s'inscrit à la rencontre entre les STAPS et l'histoire contemporaine. Il est l'occasion de revenir sur près de quatorze ans d'exercice d'un métier et se présente en trois parties. La première, « Le "je" en Chantier », fait office d'égo-histoire. Il alterne deux formes d'écriture : l'une, académique, rend compte d'un déroulé de carrière et des principaux objets de recherche poursuivis ; la seconde, en italique et écrite à la première personne du singulier, réintègre des dimensions plus intimes d'une vie de chercheur. Ces deux facettes se font, d'une certaine façon écho : elles dialoguent sans cesse et laissent entrevoir combien les questions d'éducation, de socialisation mais aussi de normalisation, de disciplinarisation et de violences cimentent la pensée et interrogent les relations entre les individus et les institutions dont ils dépendent. Trois chapitres le composent. Le premier aborde les travaux traitant des pratiques corporelles en situation de captivité. Le second s'intéresse aux institutions sportives, tant pour en comprendre le développement que pour les étudier comme lieu de socialisation. Le dernier chapitre porte sur une carrière construite autour, et à travers, l'éducation physique, discipline du corps devenue sujet de recherche. Il s'achève sous la forme d'une réflexion plus globale au cœur de laquelle la perspective d'une émancipation vers des travaux non directement liés à l'histoire des pratiques corporelles est posée.

La seconde partie constitue l'inédit et s'intitule « Utopies éducatives. La Mission des Chantiers de la Jeunesse en Allemagne (1943-1945) ». Il se concentre sur les enjeux, le sens, les fonctions et les conséquences d'une entreprise d'encadrement et de contrôle des jeunes Français partis en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire (STO). Réalisé pour l'essentiel à partir des archives détenues aux Archives Nationales à Paris, du Service Historique de l'Armée de Terre (SHAT) à Vincennes et du Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC), ce travail dépasse l'unique perspective des pratiques corporelles pour démontrer combien l'idéologie qui prévaut à la création des Chantiers de la Jeunesse – servir, obéir et rester unis derrière le Maréchal Pétain – et qui irrigue toute l'éducation qui y est délivrée, influence les choix des cadres des Chantiers. Leur ligne de conduite en dépend, que ce soit pour leur départ volontaire en Allemagne où dans les actions qu'ils mènent en tant que chefs de camp, d'usine, de Kreis (arrondissement) ou de Gau (région) en Allemagne. La mise en place du STO et plus particulièrement la réquisition de tous les jeunes nés en 1922 place en effet les cadres des Chantiers face à une injonction paradoxale. Étant responsables de ces derniers, alors en stage obligatoire dans l'institution du général De La Porte du Theil, ils sont sommés de faciliter leur départ en Allemagne. Or, ils ne peuvent obéir sans trahir l'un des piliers du commandement : rester auprès de ses hommes et les protéger. Face à ce dilemme, certains font le choix de quitter la France dès les premiers jours de l'été 1943. Il faut néanmoins attendre que des bases institutionnelles solides soient posées et acceptées tant par les autorités allemandes que par le Gouvernement de Vichy pour qu'une réelle Mission prenne forme en Allemagne. Dès que celle-ci est officialisée sous l'égide de la Délégation Officielle Française, les chefs venus volontairement en Allemagne prennent, avec l'accord des autorités allemandes, la direction de certains camps de jeunes et reconstituent en terre allemande un système d'éducation et de contrôle similaire aux Chantiers de France. Si l'objectif premier de ces hommes est de ramener en France des jeunes sains de corps et d'esprit, une telle entreprise n'est pas sans risque, notamment à partir du moment où la commission gouvernementale française s'établit à Sigmaringen. Ce travail est ainsi l'occasion d'interroger, sous un autre angle, les facettes protéiformes de la collaboration. Il permet aussi d'entrevoir combien des pratiques éducatives quasi similaires peuvent servir de support à des projets éducatifs très différents.

La dernière partie, « Trace d'une vie professionnelle », comprend le Curriculum Vitae, les résumés des ouvrages et chapitres d'ouvrages classés en trois parties (pratiques corporelles en situation de captivité ; individus et institutions ; carrières autour de l'éducation physique) ainsi que les 22 articles publiés dans une revue internationale ou une revue nationale à comité de lecture.

 

Entrée libre
Infos pratiques
18 Mai
14h00-17h00
IFEPSA - amphi A2
Equipe(s) UCO faculté(s)
Faculté des Sciences
Campus
IFEPSA