De mauvais publics ?
De mauvais publics ?
Pourquoi des « mauvais publics » ?
L'intervention sociale ne se déploie pas toujours conformément aux principes qu'elle revendique. Souvent désigné aujourd'hui comme un travail d'« accompagnement », celui-ci est présenté comme fondé sur l'autonomie, la participation, la responsabilisation et la co-construction. Pourtant, sa mise en œuvre concrète révèle des tensions, des écarts et parfois des impasses. Les difficultés rencontrées dans le travail sur et avec autrui qu'implique l'« accompagnement » conduisent d'ailleurs à identifier certaines personnes comme « rétives », « complexes », « instables », « incasables » ou encore « indésirables » au regard des actions, programmes et autres dispositifs proposés.
Nous proposons de regrouper ces situations sous le label, volontairement provocateur, de « mauvais publics ». Bien que cette expression ne soit pas directement employée par les professionnel·les du social, du médico-social ou de l'éducatif, elle présente un intérêt heuristique à double titre. D'une part, elle permet de comparer des situations, des institutions et des secteurs d'intervention variés, en mettant au jour des logiques récurrentes de catégorisation souvent invisibilisées par l'accent mis sur la singularité des parcours et le paradigme de la vulnérabilité. D'autre part, elle invite à interroger les rapports de pouvoir, les asymétries et les formes de normativité qui traversent les relations d’accompagnement, fréquemment décrites comme horizontales et négociées.
En ce sens, l'expression de « mauvais publics » invite à rendre visibles les implicites professionnels et institutionnels qui orientent les pratiques.
Une Série de Webinaires
Chaque séance, d’une durée de deux heures, donnera l'occasion aux collègues invité·es de présenter des recherches empiriques dans le champ de l'intervention socio-éducative mais aussi de réfléchir aux cadres théoriques et notionnels permettant de les décrire et les analyser ou encore de développer des considérations méthodologiques voire épistémologiques. Pensé avant tout comme un espace de discussion entre pairs, ces webinaires pourront également intéresser les professionnel·les des secteurs concernés qui pourront y trouver des ressources pour nourrir leurs propres réflexions et questionner leurs pratiques.
Entrée libre
Lundi 14 Décembre 2026
En ligne
14h00
Mélodie RENVOISÉ (CENS) : « La production institutionnelle des "indésirables" au féminin : le cas de la mixité carcérale. »
15h00
Hugo DUPONT (Université de Poitiers - INSPÉ / GRESCO) : « Faire face à la prétention scolaire : des parents sous contrôle. »
- Florence Bouillon (Université Paris 8 - LAVUE)
- Pierre-Yves Chiron (ARIFTS Pays de la Loire / 2PS)
- Benjamin Denecheau (Université Paris-Est Créteil - LIRTES)
- Yves-Marie Le Ber (Le Groupement d'Éducation Populaire et de Pédagogie Sociale)
- Julien Long (Nantes Université - CRHIA)
- Pascale Moulévrier (Nantes Université - CENS)
- Martin Olivera ( Université Paris 8 - LAVUE)
- David Puaud (IRTS Poitou-Charentes - LAP)
- Nicolas Rafin (Nantes Université - CENS)